C’est bien c’est nouveau : Chasseur


24 JANVIER 2020

PAR BESTER



           



Souvent relégués au fond de top 10 d’artistes à suivre parrainés par des marques de téléphone, ils luttent contre 60 ans d’histoire pour se faire une place dans le cœur d’auditeurs qui croient avoir tout entendu. Aujourd’hui, un Rennais à Rayban qui se revendique de Daniel Darc, Alain Bashung, New Order et Suicide. Comme disent les concepteurs-rédacteurs en agence de com’ : « rien que ça ! »


Quel temps fait-il sur la nouvelle nouvelle nouvelle nouvelle scène française ? Sans se prendre pour Evelyne Dheliat, on aurait tendance à dire que le ciel est un peu gris, couleur monotone. La tendance semble être aux noms doublement communs (Obscur, Moto, Officine, Pâle Regard, etc) et c’est un peu à se demander si à ce rythme là on n’aurait pas épuisé le dictionnaire à la fin du premier semestre 2020.

C’est dans ce contexte d’anonymisation des starlettes que débarque Chasseur – je suis convaincu qu’un mec, quelque part, réfléchit très sérieusement à utiliser le mot « Spatule » comme nom de scène, un Rennais passé jusque là sous les radars, comme en attestent ses 500 fans sur Facebook. Et comme si les références citées ci-dessus ne suffisaient pas à placer déjà la barre très haut, l’album prévu pour mai se nomme… « Crimson King ». Inutile de connaître par cœur son Robert Fripp pour ne pas tilter sur le premier album de King Crimson. C’est d’ailleurs l’un des autres travers de la nouvelle nouvelle nouvelle nouvelle scène française ; une tendance à l’auto-citation, voire au sampling culturel en boucle, sans scrupules. On s’arrêtera là pour les prévisions météorologiques, parce que la première impression faite par ce Chasseur, c’est qu’il court après du gibier mort depuis bien longtemps.


C’est ici qu’on en arrive à la grande surprise de ce papier : Chasseur, c’est bien ! Chantées en français, parvenant à dépasser le frisson d’angoisse consistant à craindre un énième chanteur de néo-variété sous-influencé par Christophe, les morceaux de Chasseur sont pour l’heure au nombre de trois. S’en dégagent une certaine fraicheur, un courant d’air frais venu des eighties, avec, effectivement, l’ombre de Darc murmurant sur des productions volées dans le casier de Depeche Mode. Ce rock électronique sera-t-il suffisant pour légaliser Chasseur sur tout le territoire français ? C’est finalement une question comme une autre, mais Je me souviens de tout est pour l’instant un tube qui en rappelle 1000 autres, et c’est peut-être à ça qu’on reconnaît les bons chasseurs ; il braconne discrètement chez le voisin, mais toujours en visant juste.

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Les anciens jeunes gens modernes des années 2010, masquant leur incapacité à sortir du complexe d’Œdipe à un âge désormais avancé, feraient mieux de passer, côté fringues, au rayon adulte. Chasseur débarque ; on verra bien s’il arrive à leur tirer à tous une balle dans la nuque.


Bester

 




11 FÉVRIER 2020


Exclu : Chasseur présente son nouveau clip « Ailleurs »



À mi-chemin entre New Order et Alain Bashung se trouve Chasseur. Ce Rennais à suivre de très près fait retentir ses synthétiseurs hypnotiques pour façonner un rock rétro-futuriste plein de surprises. Dans la vidéo d’Ailleurs, quatrième single annonçant son album Crimson King qui sortira en septembre 2020 sur Reptile Music, on suit un banc de squales, tout en ombres et en lumière, évoluer dans les bas-fonds d’un lieu non identifié. À vous de vous projeter. Un beau clip signé Nicolas Lelièvre.

Chasseur (de requins) : la pop française à son meilleur


par Benjamin Berton

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L’artiste rennais, Chasseur aka Gaël Desbois, sortira son premier album solo Crimson King en mai et cela pourrait bien être l’une des belles révélations françaises de l’année (on ne dit pas cela parce qu’il y a les Victoires de la Musiques dans quelques jours!). Membre d’un autre collectif qu’on connaît mal, Tchewsky & Wood, Desbois manie aussi bien la production, les machines le chant que la batterie qui, d’après nos informations, serait son instrument d’origine et de prédilection. Certains des textes de Chasseur ont été composées avec l’écrivain Nathalie Burel avec laquelle le bonhomme collabore de longue date (notamment pour des reportages et documentaires radiophoniques).


Par delà ces bribes biographiques, la musique de Chasseur qu’on connaît pour le moment à travers maintenant trois ou quatre morceaux est l’une des plus prometteuses d’écriture en français qu’on a croisée ces dernières années. Le mélange de pop « à la française » et d’électro est parfaitement équilibré et conjugue une densité sonore et une complexité intéressantes avec une recherche d’efficacité qui sont assez épatantes. La qualité d’écriture (le texte, le texte, toujours le texte) et le chant sont aussi de très haut niveau, ce qui donne, évidemment, un résultat bluffant.


Ce nouveau morceau, Ailleurs, confirme la tendance. C’est à la fois assez classique et sous bonne influence, entre Malon Laudanum pour le chanté-parlé et la capacité à parler près de soi, Daniel Darc pour la voix et la patine crépusculaire, mais aussi suffisamment singulier pour que cela ne sente pas le réchauffé. Le morceau est peut-être un peu long pour ce qu’il a de rythme en lui mais l’impression laissée est bien celle d’une montée/descente en eaux profondes. C’est du très bel ouvrage, soutenu par un clip élégant, ce qui ne gâte rien.


« Aller oublier au fond/ Le fracas du monde/ Tous ces os dans le corps humain/ S’en aller chercher au fond/  L’absolue douceur/  Et se trouver enfin/

Je suis là mieux qu’ailleurs/ Et se trouver enfin »


La musique dit à la perfection, par sa force répétitive et hypnotique, l’ivresse des grands fonds, la perte possible et l’abandon, si bien qu’on se croit un instant à nager avec les requins et à sentir la pression de l’eau contre sa peau. Chasseur pratique le tir de précision. On espère que, sur la durée d’un album, on aura une confirmation de tout ça.

 


Édito : Serge Steyer - Février 2020




Rares sont les clips qui parviennent à une telle symbiose avec le projet musical, entraînant le spectateur dans les abysses où ondoie le narrateur, Gaël Desbois, le compositeur-interprète servi par un texte de Nathalie Burel.


S’en aller chercher au fond / L’absolue douceur / Et se trouver enfin, un chanté-parlé ciselé, tel Bashung, avec différents niveaux de conscience qui dialoguent.


Ailleurs est une expérience existentielle donc, qui invite à suivre, sous hypnose, le parcours d’un requin lumineux dans des profondeurs obscures. Une étrange sérénité se dégage de cette situation a priori inconfortable, parce que les requins c’est nous, survolant un monde calciné, submergé, tranquille… oublier au fond, le fracas du monde. Ainsi, tout en nous faisant toucher le fond, cette œuvre nous conduit dans un ailleurs presque rassurant.



Lire la suite sur KuB : https://www.kubweb.media/page/clip-ailleurs-chasseur-nicolas-lelievre/

 

BRAT’S Indie Music




[Sortie] Chasseur - Ailleurs (clip) - Mars 2020




La scène Bretonne regorge d’artistes plus formidable les uns que les autres. Mais on doit l’avouer, il y en a certains qui sortent du lot. Chasseur en fait parti. Détrompez-vous, vous ne verrez pas ce Rennais fusil à la main puisqu’il doit son nom au célèbre Paris, Texas de Wim Wenders. Cet artiste de rock électronique, hypnotique et sensuel a de plus des influences plus que louables puisqu’on parle de Daniel Darc, Alain Bashung, New Order ou encore Suicide.


Après un premier EP Dans la ville, sorti en 2017, il sortira son premier album Crimson King en septembre prochain.


Mais place aujourd’hui à son dernier clip Ailleurs sorti le 12 février dernier.

Une musique qui à l’image du clip tient en haleine jusqu’à la fin. Mais où ce puis ces requins vont-ils finir leur course ? On vous laisse regarder par vous-même et faire votre propre interprétation de ce fabuleux clip réalisé par Nicolas Lelièvre.


Pour celles et ceux qui ne pourraient attendre la sortie du prochain single le mois prochain, voici 3 titres déjà sortis en 2019 et qui donnent un brillant aperçu de l’album à venir. Notre coup de coeur va pour le titre éponyme de l’album.

Mai 2020

CHASSEUR

| Music |


[Clip] Chasseur – Ailleurs

25 février 2020 | Raphaël Duprez



Une poésie en noir et blanc, unissant l’ombre et la lumière dans une symbiose admirable et onirique. « Ailleurs » appelle à l’apaisement, à la contemplation, à la méditation.


En découvrant « Ailleurs », le spectateur pourrait croire en une réalité difficilement contestable : ce squale d’une blancheur éblouissante, éclairant les profondeurs abyssales et huileuses d’un fond marin que l’on n’avait jamais vu, pourrait être la musique elle-même, l’aiguille traçant sa voie sur les microsillons d’un vinyle sans âge.

L’union de beats marqués, appuyés sur nos peaux et contre nos muscles, et de la quiétude aquatique d’une nage tout d’abord solitaire, puis commune, nous interroge sur notre statut d’êtres humains au sein d’un monde étouffant, appelant cet autre univers, plus intérieur, afin de nous sauver de la folie. Et, ainsi, de rencontrer les âmes qui nous accompagneront sur un tel chemin, même quand ce dernier voit ses formes se durcir, inexorablement.



Sous la forme d’une introspection nécessaire, Chasseur conte ses intentions, ses évidences, ses ambitions vitales. « Je suis là mieux qu’ailleurs » ; réminiscence et mantra de l’enfermement volontaire, de la sensibilité confrontée à la raison. Mieux se connaître pour irradier ; les prédateurs se métamorphosent en symboles d’une catharsis absolue, d’une danse nocturne qui rapprochera les corps, les sens et les épidermes d’une virginité bienvenue. Un nouveau départ. Une seconde chance.


Raphaël Duprez